Il a co-écrit le guide de l'adoption (http://www.amazon.fr/guide-ladoption-Jean-Jacques-Choulot/dp/2738119166/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1285152264&sr=8-1 pour celles et ceux que ça intéresse).
M. Choulot a des idées bien arrêtées sur l'adoption internationale et ne mâche pas ses mots, au risque, parfaitement assumé, de fâcher ses auditeurs.
Il a d'abord rappelé la disproportion entre le nombre d'agréments délivrés en France et le nombre d'adoption chaque année (globalement 9500 agréments contre 4500 adoptions dont 3500 à l'international), stigmatisant au passage ces conseils généraux qui donnent systématiquement l'agrément.
Il a ensuite présenté les principaux pays d'adoption et les problèmes de santé, tant physique que mentale qu'ont les enfants adoptés dans ces divers pays.
Dans son panthéon des pays "bien" pour adopter, on trouve l'Ethiopie, le Mali, le Vietnam et la Chine; au milieu, la Colombie où le dossier médical de l'enfant est parfait (voire trop documenté), mais où les enfants sont souvent abandonnés après de graves traumatismes psychologiques (viols, inceste...) et enfin, adopter en Haïti revient à assumer de gros problèmes potentiels de santé, et adopter en Russie, en Ukraine ou dans une moindre mesure aux Pays Baltes est pour le Dr. Choulot une hérésie devant les énormes risques de SAF (Syndrome d'Alcoolisme Foetal) qui font qu'un adulte souffrant de ce syndrome a un QI de 70, soit celui d'une personne souffrant de trisomie 21.
Il a généralisé cela à tous les anciens pays de l'URSS, sans toutefois citer le Kazakhstan (alors qu'il a parlé de Moldavie, d'Ukraine, de Lituanie...).
J'aurais tendance à penser qu'il n'a pas d'enfant en provenance du Kazakhstan dans sa clientèle, autrement il n'aurait pas hésité à citer ce pays.
Néanmoins, il est absolument clair que le SAF est la principale maladie à essayer de détecter chez un enfant que l'on souhaite adopter, d'autant plus qu'il n'est jamais mentionné dans les dossiers médicaux russes (et kazakhs, à ma connaissance).
Choulot a montré plusieurs photos d'enfants atteints de SAF, dont une petite fille russe très belle et souriante, expliquant que devant ces petits enfants parfois si beaux il était difficile de se dire que malgré tout, ils pouvaient être atteints de cette si terrible maladie.
Dans un second chapitre, il a traité des facteurs de risques pour une adoption réussie chez les parents. Age trop élevé (pour lui, l'agrément devrait être interdit au delà d'environ 45 ans), adoption à caractère humanitaire, adoption par des femmes célibataires ou par des couples "atypiques" (joli mot pour homosexuels), parent qui attendent trop d'un enfant alors que celui-ci à déjà subi d'importants traumatismes dans sa courte vie...
En résumé, trois pages PowerPoint denses, qui font qu'à part si on est un couple hétérosexuel sans enfant de moins de 35/40 ans, on est forcément à risque.
En ce qui nous concerne, nous cumulons plusieurs facteurs de risques selon la liste du Dr Choulot :
- A 44 ans tous les deux, on est proche de la date de péremption adoptive
- Nous avons déjà des enfants biologiques et grands
- Mais surtout, un de nos enfants est mort, et donc on veut le "remplacer".
Ce n'est pas la première fois que cet argument nous est sorti, et certainement pas la dernière.
Alors au risque de me répéter, je dirai que oui, Juliette est morte et que toute notre vie nous aurons à porter en nous non seulement ce qu'elle n'est plus mais aussi ce qu'elle aurait pu/du devenir, mais, non la fille que nous souhaitons adopter ne remplacera pas Juliette.
Elle viendra comme un élément nouveau combler une famille certes blessée et qui sans elle resterait bancale, et elle sera aimée, choyée, pourra grandir dans un foyer chaleureux pour elle-même et pas pour être ce que sa soeur aurait du être.
Pour en revenir à ces facteurs de risques, il me semble effectivement utile de les connaître afin de pouvoir éventuellement y apporter les bonnes réponses.
Le Dr Choulot cherche non pas à faire peur aux futurs adoptants, mais à se poser les bonnes questions avant, pendant et après l'adoption pour assurer à l'enfant une vie apaisée et lui permettre de grandir heureusement après les tumultes de la première partie de sa vie.
En bref, la conférence était très intéressante, même si grâce au Dr De Truchis de la COCA de Versailles nous avions déjà en main la plupart des éléments nécessaires, mais pas forcément suffisants pour essayer d'adopter un enfant en meilleure santé possible.
Merci Dr. Choulot et merci à la Maison de l'Adoption du 92 pour organiser régulièrement ces conférences.