mercredi 22 septembre 2010

Santé et traumatismes de l'enfant adopté

C'était le titre d'une conférence à laquelle nous avons assisté hier soir à la Maison de l'Adoption du 92, animée par le Docteur Jean-Jacques Choulot, premier fondateur d'une COCA (Consultation d'orientation et de conseils en adoption) en France, à Pau.
Il a co-écrit le guide de l'adoption (http://www.amazon.fr/guide-ladoption-Jean-Jacques-Choulot/dp/2738119166/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1285152264&sr=8-1 pour celles et ceux que ça intéresse).

M. Choulot a des idées bien arrêtées sur l'adoption internationale et ne mâche pas ses mots, au risque, parfaitement assumé, de fâcher ses auditeurs.


Il a d'abord rappelé la disproportion entre le nombre d'agréments délivrés en France et le nombre d'adoption chaque année (globalement 9500 agréments contre 4500 adoptions dont 3500 à l'international), stigmatisant au passage ces conseils généraux qui donnent systématiquement l'agrément.

Il a ensuite présenté les principaux pays d'adoption et les problèmes de santé, tant physique que mentale qu'ont les enfants adoptés dans ces divers pays.

Dans son panthéon des pays "bien" pour adopter, on trouve l'Ethiopie, le Mali, le Vietnam et la Chine; au milieu, la Colombie où le dossier médical de l'enfant est parfait (voire trop documenté), mais où les enfants sont souvent abandonnés après de graves traumatismes psychologiques (viols, inceste...) et enfin, adopter en Haïti revient à assumer de gros problèmes potentiels de santé, et adopter en Russie, en Ukraine ou dans une moindre mesure aux Pays Baltes est pour le Dr. Choulot une hérésie devant les énormes risques de SAF (Syndrome d'Alcoolisme Foetal) qui font qu'un adulte souffrant de ce syndrome a un QI de 70, soit celui d'une personne souffrant de trisomie 21.
Il a généralisé cela à tous les anciens pays de l'URSS, sans toutefois citer le Kazakhstan (alors qu'il a parlé de Moldavie, d'Ukraine, de Lituanie...).
J'aurais tendance à penser qu'il n'a pas d'enfant en provenance du Kazakhstan dans sa clientèle, autrement il n'aurait pas hésité à citer ce pays.

Néanmoins, il est absolument clair que le SAF est la principale maladie à essayer de détecter chez un enfant que l'on souhaite adopter, d'autant plus qu'il n'est jamais mentionné dans les dossiers médicaux russes (et kazakhs, à ma connaissance).
Choulot a montré plusieurs photos d'enfants atteints de SAF, dont une petite fille russe très belle et souriante, expliquant que devant ces petits enfants parfois si beaux il était difficile de se dire que malgré tout, ils pouvaient être atteints de cette si terrible maladie.


Dans un second chapitre, il a traité des facteurs de risques pour une adoption réussie chez les parents. Age trop élevé (pour lui, l'agrément devrait être interdit au delà d'environ 45 ans), adoption à caractère humanitaire, adoption par des femmes célibataires ou par des couples "atypiques" (joli mot pour homosexuels), parent qui attendent trop d'un enfant alors que celui-ci à déjà subi d'importants traumatismes dans sa courte vie...
En résumé, trois pages PowerPoint denses, qui font qu'à part si on est un couple hétérosexuel sans enfant de moins de 35/40 ans, on est forcément à risque.

En ce qui nous concerne, nous cumulons plusieurs facteurs de risques selon la liste du Dr Choulot :
  • A 44 ans tous les deux, on est proche de la date de péremption adoptive
  • Nous avons déjà des enfants biologiques et grands
  • Mais surtout, un de nos enfants est mort, et donc on veut le "remplacer".

Ce n'est pas la première fois que cet argument nous est sorti, et certainement pas la dernière.
Alors au risque de me répéter, je dirai que oui, Juliette est morte et que toute notre vie nous aurons à porter en nous non seulement ce qu'elle n'est plus mais aussi ce qu'elle aurait pu/du devenir, mais, non la fille que nous souhaitons adopter ne remplacera pas Juliette.
Elle viendra comme un élément nouveau combler une famille certes blessée et qui sans elle resterait bancale, et elle sera aimée, choyée, pourra grandir dans un foyer chaleureux pour elle-même et pas pour être ce que sa soeur aurait du être.


Pour en revenir à ces facteurs de risques, il me semble effectivement utile de les connaître afin de pouvoir éventuellement y apporter les bonnes réponses.
Le Dr Choulot cherche non pas à faire peur aux futurs adoptants, mais à se poser les bonnes questions avant, pendant et après l'adoption pour assurer à l'enfant une vie apaisée et lui permettre de grandir heureusement après les tumultes de la première partie de sa vie.


En bref, la conférence était très intéressante, même si grâce au Dr De Truchis de la COCA de Versailles nous avions déjà en main la plupart des éléments nécessaires, mais pas forcément suffisants pour essayer d'adopter un enfant en meilleure santé possible.

Merci Dr. Choulot et merci à la Maison de l'Adoption du 92 pour organiser régulièrement ces conférences.

jeudi 9 septembre 2010

Toujours pas de nouvelles !

Et pourtant, pas un jour sur le forum sans l'annonce du début d'une "bonding period" ou d'un jugement d'adoption.

Ca bouge; certains ont mis beaucoup de temps et pour d'autres c'est allé beaucoup plus vite, mais ça bouge.

Ca donne plein d'espoirs et c'est en même temps extraordinairement frustrant.
Notre facilitatrice nous dit qu'il n'y a pas pléthore de filles à adopter sur la région d'Almaty et pourtant régulièrement nous apprenons qu'une bonding débute ou se termine avec une fille dans la région.

En étant fataliste, on peut se dire que notre tour viendra et que si pour l'instant nous n'avons toujours pas reçu notre "Letter Of Invitation" c'est que NOTRE fille, celle qui nous est destinée n'est pas encore disponible pour l'adoption.
C'est beau le déterminisme !

Allez ! On y croit !

mardi 7 septembre 2010

Kazakhstan

Le Kazakhstan.
Je dois avouer, avant de débuter le processus d'adoption, je n'avais qu'une très vague idée de ce qu'était le Kazakhstan.
Une ex-république soviétique à cheval sur l'Europe et l'Asie, avec de bons coureurs cyclistes, et c'est à peu près tout.




Aujourd'hui, le Kazakhstan est devenu une passion.
Je ne sais pas si nous arriverons à y adopter notre fille (on fait tout pour, quand même...) mais au moins je suis plus riche de connaissances sur ce pays et sur l'Asie Centrale.

Neuvième plus grand pays du monde (5 fois plus grand que la France), on n'y trouve que 16 millions d'habitants, autant dire que la densité de population est l'une des plus faibles au monde. Un tout petit bout du Kazakhstan est en Europe, à l'ouest de la rivière Oural qui se jette dans la mer Caspienne, mais la très grande majorité du territoire est en Asie.

Le Kazakhstan est une extraordinaire mosaïque de peuples, avec 2 langues officielles, le Kazakh et le Russe, 131 nationalités, les principales étant les Kazakhs (63%), les Russes (24%), les Ouzbeks (3%), les Ukrainiens (2%)...
En fait, pendant toute la durée de vie de l'URSS, le Kazakhstan a servi de zone de déportation au même titre que les goulags de Sibérie, d'où cette population très hétérogène où on trouve également des allemands, des coréens...
Du point de vue religieux, c'est la même hétérogénéité.

Et malgré toutes ces différences règne au Kazakhstan une véritable osmose entre les peuples et une totale ouverture d'esprit, permettant d'accepter, voire même de priser les différences.


La capitale est Astana, l'une des capitales les plus récentes du monde, puisqu'elle l'est devenue en 1998, pour remplacer Almaty, trop au sud pour représenter la globalité du Kazakhstan.



Et c'est donc dans cette immensité quasi-désertique, parmi cette myriade de peuples, que nous espérons trouver notre fille, plus précisément à Taldy-Korgan, à l'extrême est du pays, à moins de 100 kms de la Chine.

dimanche 5 septembre 2010

Attente...

Cela fait longtemps que je ne suis pas venu écrire ici.
La raison : rien n'a bougé, nous sommes toujours en train d'attendre.

Nous savons qu'a priori nous irons chercher notre fille à Taldy-Korgan (ou éventuellement à Almaty). Notre facilitatrice a envoyé notre dossier à la branche locale du ministère de l'éducation et elle attend qu'un enfant soit adoptable répondant à notre demande (une fille de 0 à 5 ans, n'ayant pas un état de santé qui ne puisse être soigné en France).

Début juillet, elle nous avait dit que de toute façon, rien ne bougerait avant septembre.
Nous sommes donc partis en vacances avec les enfants, certainement pas sereins, mais sans être dans la crainte de devoir partir à tout moment.

Voila, septembre est maintenant là, et on espère que de bonnes nouvelles ne tarderont pas trop.

Nous avons rencontré la semaine dernière une (heureuse) future maman d'une petite fille de Taldy-Korgan. Elle nous a rassuré sur le fait que l'orphelinat de Taldy-Korgan était très bien tenu, en très bon état, avec un personnel nombreux et professionnel.
Taldy-Korgan est une ville très agréable et passer les 2 à 3 semaines nécessaires à la période de bonding (période obligatoire pendant laquelle les adoptants doivent passer plusieurs heures par jour avec leur enfant pour commencer l'apparentement) ne lui ont pas paru désagréable.
Nous espérons qu'elle recevra très rapidement la date de son jugement d'adoption et qu'elle pourra alors retourner au plus vite à Taldy-Korgan retrouver sa petite fille.

Voila, c'est tout pour aujourd'hui.... On attend...

lundi 14 juin 2010

Notre parcours jusqu'à aujourd'hui

Pour monter un dossier d'adoption au Kazakhstan, il fallait (la procédure a maintenant changé) préparer un dossier très élaboré avec de très nombreux documents administratifs, médicaux, sociaux, financiers...
Documents qui devaient être légalisés, apostillés auprès d'une cour d'appel, puis traduits en russes avant d'être présentés au Consulat du Kazakhstan en France.

Le 4 janvier 2010, il fallait obtenir un rendez-vous avec le consul, et tous les rendez-vous étaient bloqués dans son agenda (environ 4 RDVs par semaine) ce fameux 4 janvier.
Aussi nous avons passé notre journée, Corinne et moi, suspendus au téléphone avant enfin d'arriver, à 15 heures à prendre un rendez-vous pour le 10 février, notre dossier étant déjà très avancé.
Nous avons ainsi eu une chance énorme, puisque quelques mois plus tard, le Kazakhstan ayant adopté le Convention de La Haye sur l'adoption, tous les rendez-vous postérieurs au 19 mai ont été purement et simplement annulés, au grand dam et à la fureur des adoptants qui avaient un RDV plus tard dans l'année.

Pour faire bref, nous avons terminé notre dossier à temps et nous l'avons déposés auprès de l'assistante du consul le 10 février. Il a été très vite accepté par le consulat et nous avons alors pu récupérer ce dossier et l'envoyer au Ministères des Affaires Étrangères du Kazakhstan.

Pour pouvoir adopter au Kazakhstan, il est quasiment obligatoire de travailler avec un facilitateur ou coordinateur, qui aidera dans toutes les démarches tant juridiques que pratiques sur place.
Nous avons donc contacté plusieurs facilitateurs et nous nous sommes décidés pour une femme qui travaille sur l'ex-capitale, Almaty, et sa région (orphelinats de Taldy-Korgan et Karakastek).

Adoption ?

Pourquoi adopter ? Pourquoi une fille ? Pourquoi au Kazakhstan ?

De nombreuses questions auxquelles je vais essayer d'apporter une réponse rapide...

Corinne et moi, nous avons eu 3 enfants : Grégoire est né en 1995, suivi par Louis en 1997 et la petite dernière, Juliette est arrivée en 2001.

Une vie de famille joyeuse, comblée par ces 3 bonheurs qui grandissaient tranquillement et heureusement.
Mais en février 2007, notre vie a basculé, Juliette, notre trésor, est morte dans un accident de voiture où Grégoire et Louis on été plus légèrement blessés.

Nous avons traversé cette année 2007 comme des zombies, n'ayant plus goût à grand chose, survivant plutôt que vivant pour avancer néanmoins et permettre aux deux garçons de grandir (presque) normalement.

Mais il y avait un vide immense dans notre cercle familial, un vide dans nos coeurs que rien ne pourrait combler à part, et c'est devenu une évidence,  un autre enfant.
Juliette était unique, elle n'est donc pas "remplaçable". Aussi nous ne voulons pas d'une Juliette-bis, mais d'un enfant lui aussi unique qui grandira heureux dans une famille aimante.

Nous avons atteint Corinne et moi un âge où il ne nous est plus donné de pouvoir attendre un nouvel enfant, c'est pourquoi nous avons décidé d'adopter une petite fille.

Une fille, parce que nous avions trouvé un équilibre merveilleux avec 2 garçons et une fille et que nous aimerions recréer un autre équilibre.


La procédure d'agrément nous a pris beaucoup de temps, mais en novembre 2009, nous avons eu notre agrément pour adopter un enfant de moins de 5 ans.


Alors pourquoi le Kazakhstan ?
Vu notre âge et notre histoire, nous ne pouvons pas passer par un Organisme Agréé pour l'Adoption (OAA), ce qui limite singulièrement le choix des pays où nous pouvons adopter.
Nous nous sommes donc tournés vers l'adoption individuelle en Russie, mais c'est un pays où il est aujourd'hui plus compliqué d'adopter aussi avons nous choisi en décembre 2009 de monter un dossier d'adoption au Kazakhstan, pays très proche de la Russie, par la langue comme par la population.