Nous avons volontairement gardé le silence radio, tant ici que sur le forum des adoptants du Kazakhstan.
La raison en est très simple : nous n'avions rien à dire et les premiers enfants que l'on nous a proposé étaient tous plus ou moins atteint de handicaps. Nous étions donc assez stressés et dans le doute par rapport à notre projet.
Cependant, après de nombreuses péripéties que je vais vous conter plus loin, nous avons finalement rencontré une ravissante petite fille de moins d'un an.
Nous avons entamé hier la période de bonding avec elle, période qui se terminera le 15 novembre.
Tant que nous n'auront pas eu de jugement d'adoption positif du tribunal pour enfants d'Almaty, nous n'en diront pas plus sur cette demoiselle.
Voici le résumé de nos pérégrinations depuis mon dernier message juste avant de prendre l'avion.
Le voyage
2 vols sans soucis, malgré les grêves en France.
Paris-Amsterdam sur Air France puis 3 heures d'attente à Amsterdam qui nous permettent de longuement visiter le très bel aéroport de Schipol et de trouver quelques petits cadeaux pour notre futur enfant. Après avoir fait tous les magasins de jouets de l’aéroport on se décide pour un petit lapin tout doux à carreaux rouge pour être un premier doudou et un gros cube en tissu pour jouer ensemble
Arrivée à Almaty
A 4h15 heure locale (+4 h par rapport à Paris) nous arrivons à l’aéroport.
En attendant les bagages nous rencontrons une adoptante française qui fait ce dernier voyage pour ramener son fils en France; très sympa, Françoise entame au Kazakhstan son dernier voyage, point final d'une très longue procédure due aux tergiversations du système juridique Kazakh.
Nous avons eu de la chance de la rencontrer, elle sera un excellent guide pour nous à Almaty.
La fille de notre facilitatrice nous attend à la sortie de l’aérogare. Il pleut mais il ne fait pas très froid.
Malgré l’heure tardive elle est plutôt accueillante. Elle parle un français approximatif avec beaucoup de mots et expressions espagnols. Mais finalement on se comprend. Elle nous amène directement à l’appartement qu’elle a réservé pour nous.
La première impression sur l’appartement est plutôt bonne. C’est un grand 2 pièces avec 1 chambre, 1 salon, 1 cuisine assez grande dans laquelle on peut manger, 1 salle de bain et des toilettes.
Le mobilier est plutôt vieillot et dans un style très « soviétique ».
Il est 5h30 du matin, elle nous laisse nous installer, mais nous donne rendez vous à 8h45.
Il nous reste à peine 2 heures de sommeil. On se couche tel quel mais le sommeil ne vient pas facilement. A 8 h nous nous ne réveillons pas très frais.
Premières démarches
8h45, la fille de notre facilitatrice sonne à la porte et nous emmène au Ministère de l’Education régional.
Nous rencontrons une dame qui s’entend bien visiblement avec la fille de notre facilitatrice. Elle nous dit avoir déjà été à Paris, et ses souvenirs sont que le métro est sale et qu'elle a rencontré Jean Paul Belmondo dans un café sur les Champs.
Tout en parlant elle remplit notre autorisation de visite des orphelinats municipaux. Puis il faut rencontrer sa responsable pour laquelle nous patientons près d’une demi-heure debout dans le couloir car elle est occupée. Nous entrons enfin dans son grand bureau.
C’est une dame d’origine russe d'un certain age et elle nous interroge : depuis combien de temps sommes nous mariés, avons-nous des enfants, quel travail faisons nous ?
Elle nous rappelle que seuls des enfants malades ou handicapés sont proposés à l’adoption internationale; elle nous rappelle également que nous nous engageons à transmettre les rapports de suivi de l’enfant au Ministère jusqu’à ses 18 ans.
Puis elle signe le sésame qui nous permet d’aller dans les orphelinats. En partant on la remercie, lui serre la main. Elle nous souhaite gentiment bonne chance.
C'est tout pour aujourd’hui. La visite des orphelinats est reportée au lendemain.
La fille de notre facilitatrice nous amène au grand centre commercial qui se trouve à 500 mètres de l’appartement, le Ramstore (ça s’écrit Pamctop en russe).
Nous y faisons quelques courses alimentaires rapidement : saucisses, pâtes cuisinées, brioche, yaourts… La plupart de ces produits que nous mangerons au cours des prochains repas ne seront pas très bons (sauf les yaourts). Nous ferons de meilleurs choix par la suite. Nous rentrons à l’appartement fatigués par le voyage et cette matinée stressante. Rien d'autres pour le restant de la journée.
Premières visites
Jeudi 21 octobre, nous visitons deux orphelinats (les n° 2 et 1 d'Almaty).
C'est une terrible expérience : les 5 enfants qui nous sont présentés (3 dans le premier orphelinat, 2 dans le second) sont tous plus ou moins gravement handicapés : SAF, retards mentaux, problèmes physiques importants... aucun de ces enfants ne rentre dans notre projet.
C'est très dur de dire non; ils sont touchants et on se rend compte que ce n'est pas la première, ni la dernière fois qu'ils sont présentés à des adoptants et que pour eux aussi, ça doit être déchirant d'être refusés à chaque fois.
Nous quittons les orphelinats démoralisés. Nous comprenons que dans ces orphelinats séjournent beaucoup d’enfants malades et handicapés pour lesquels aucun autre avenir que celui de la vie en institution n'est offert.
Retour à l’appartement.
L’odeur si particulière de l’orphelinat est comme accrochée à nos vêtements malgré le peu de temps pendant lequel nous sommes restés dans ces établissements.
En cette fin de 2ème journée au Kazakhstan, le moral est en berne. Les doutes et l’angoisse s’installent.
Vendredi, visite de l'orphelinat n°3 d'Almaty.
Ici aussi, on nous présente d'abord un enfant handicapé, avant de nous mettre dans les bras des jumeaux de 9 mois. La petite fille, que porte Corinne a l'air d'aller très bien, même si pour son age, c'est un poids plume avec très peu de tonus, mais son frère a lui des problèmes de vue, de poumons, voire d'autres problèmes. De toute façon, notre agrément porte sur un enfant seul, et des frêres et soeurs ne peuvent être séparés.
Même désillusion ici, même si on nous dit que peut-être plus tard il y aura un enfant pour nous dans cet orphelinat.
Enfin la rencontre !
Je raconterai plus tard ce que l'on a fait du vendredi 21 au jeudi 27 octobre.
Ce jeudi 27, nous retournons à l'orphelinat n°3.
On nous présente une petite fille de moins d'un an; elle est très mignonne, vive, d'une taille et d'un poids tout à fait normal. Avec la directrice de l'orphelinat, nous apprenons que sa mère l'a abandonnée à la naissance, qu'elle n'a pas de père connu. Elle est typée Kazakh, même si notre facilitatrice affirme qu'il n'y a pas que du Kazakh en elle.
Si elle n'a pas encore été adopté par des Kazakhs, c'est parce qu'elle souffre d'un trouble cardiaque, "facilement opérable" en France.
Son bilan de santé, mis à part cette pathologie cardiaque est très bon. Nous l'envoyons par mail avec des photos au Docteur de la COCA à Paris qui nous confirme le lendemain que cette petite fille est parfaitement adoptable.
Nous sommes aux anges : nous avons trouvé notre fille.
Après notre réponse positive, notre "bonding period" de 15 jours commence officiellement le 1er novembre et durera jusqu'au 15 novembre avec 1 heure de visite chaque jour.
La bonding
Depuis hier, donc, nos après-midi sont consacrés à la visite de cette petite fille. De 15 heures, juste après son biberon, à 16 heures, avant la sieste, nous passons une heure chaque jour avec elle dans la grande salle de musique de l'orphelinat.
Elle est hyper tonique et fait des progrès à vue d'oeil : si jeudi elle ne savait que passer du dos au ventre, aujourd'hui elle s'est mise à ramper pour attraper un appareil photo qui trainait par terre et la tentait bigrement !
Quand on la met debout, elle pousse sur ses jambes et essaie de garder la position : voila une petite fille qui saura marcher bientôt.
Nous prenons tous les jours photos et films, non seulement pour notre plaisir, mais aussi parce qu'ils devront être présentés lors du jugement pour montrer que l'apparentement se sera bien passé.
Nous avons envoyé des photos à Grégoire et Louis pour leur demander leur avis : même si "elle a les yeux un peu trop bridés", dixit Louis, ils concèdent qu'elle est mignonne !
La "bonding period" est une très bonne initiative qui permet vraiment aux parents et à l'enfant de se rencontrer, de s'apprivoiser et de débuter idéalement la relation parents/enfant.
Comme nous ne pouvons montrer de photo de notre petite fille, voici pour faire patienter la photo du pyjama que nous lui avons acheté au "Green Bazar" d'Almaty.



Je guettais les infos depuis votre dernier email. Je suis très heureuse pour vous, et j'espère que tout se passera magnifiquement. Peut être arriverez vous à grapiller un peu plus de temps avec votre miss.
RépondreSupprimerA bientôt en MP
valérie
Je suis ravie pour vous !
RépondreSupprimerVos premiers moments ont été difficiles, mais vous n'avez pas perdu espoir. Votre tenacité a fait que vous avez rencontré un beau p'tit chou !!!
Profitez bien de cette heure par jour avec elle. C'est peu malgré tout...
Vous pouvez la voir aussi le week-end ?
Bises à vous trois.
J'attendrai pour savoir qui se glisse dans ce beau pyjama ...
Je suis ravie pour vous, même si j'étais un peu au courant.
RépondreSupprimerProfitez à fond de votre belle petite fille .
Bien amicalement
Françoise, maman de Léopoldine
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RépondreSupprimercomme j'attendais les nouvelles...vivement les photos du pyjama...avec la fillotte dedans.
RépondreSupprimerCajolez bien pendant cette heure si courte et si essentielle que vous passez avec votre puce.
Je vous embrasse,
Elodie
Merci pour votre invitation à suivre votre rencontre et découverte de votre fille. Que d'émotions déjà vécues et de moments stressants, mais quel plaisir de savoir que vous avez rencontré votre fille qui ne va cesser de changer à votre contact...
RépondreSupprimerEt elle doit avoir sacrément fière allure dans son nouveau pyjama! Profitez de chaque instant et bravo pour la force dont vous avez fait preuve vous permettant d'aller à sa rencontre...
Aline (qui n'a pas respecté les consignes de prudence quant aux photos sur un blog pivatisé!)